Pas cette fois
Tout prend la forme du bonheur. Peur d’avoir peur, comme avant. Mais elle est là. Alors non.
Réalisation
Tout est en place. Les personnages et le décor sont posés. Les premières confirations sont arrivée. Je suis dans cet instant où tout peut arriver. Celui où on est au comble du plein de sentiment. Celui où on se retient de crier sa joie car rien n’a encore eu lieu et on a trop peur que notre anticipation empêche les choses de se réaliser. Patience. Encore un peu de temps. Encore du travail. Encore des échanges. Il s’agit surtout de ne pas faire de faux pas. Il faut y croire tout en continuant de s’appliquer pour que ça ai lieu. Ne pas baisser son attention. Organiser. Réfléchir. Agir sans retenue mais avec tact.
Cette année a été mis sous le signe des plaisirs et pour qu’il y ait plaisir il y aura réalisation.
Des regards qui parlent que je ne sais pas encore décripter. Un enthousiasme qui me dépasse et me rend impatiente. L’envie de tout avoir tout de suite. Enfant gatée, pourrie? Amour exigent? Je suis pleine de ce bonheur et j’en veux encore parce que c’est bon. J’ai envie de déborder.
Mes nuits sont emplies de rêves étranges. Mon sommeil n’est pas tranquille. Peut-être est-ce car tout se dessine, tout arrive, ce sont des évênements heureux mais tellement de changements sont en vue. Je ne sais pas mais en tout cas je rêve d’un sommeil sans rêves.
Elle est là
Elle est arrivée hier, ses cartons et meubles aujourd’hui. Elle emménage dans son appartement. Hier soir je débordais du besoin d’exprimer mes sentiments, mes rêves. Elle a débordé d’émotions. Ca devenait ingérable. Trop fort. Mais je n’ai pas envie de maitriser, de toute façon on n’y arrive jamais. Alors je plonge. J’y crois. Surtout je crois en elle, je ne sais pas pourquoi, et puis je m’en fou.
Elle est là, je n’ai pas encore vraiment réalisé.
Je sais seulement que ça va être beau.
Prévention
Depuis que je travaille un de mes objectifs est de faire passer le message : “En arrêtant de fumez vous économisez. Alors pour vous motiver mettez le montant de vos achats de cigarettes de côté et partez en voyage. Ainsi vous libérez vous poumons, côté mental vous vous faites du bien et vous améliorez la qualité de vie de votre entourage”.
J’ai un message de subsitution mais je ne sais pas comment le faire passer auprès de ma hiérarchie : “En arrêtant de mettre des soutiens gorge vous économisez. Alors pour vous motiver mettez le montant de vos achats de sous vêtements de côté et achetez des sexes toys. Ainsi vous libérez votre poitrine, côté mental vous vous faites du bien et vous améliorez la qualité de vie de votre entourage”
Question existentielle (12)
Pourquoi les lesbiennes ont, comme les hétéros, une envie plus présente de baiser en période d’ovulation?
Hier c’était la crise, je me sentais pas belle, pas bien dans mon corps. J’ai bien tenté de revaloriser mon image en faisant du shopping, puis le coiffeur, mais il n’y avait rien à faire. Par ailleurs l’envie de baiser qui me tenaillait était insupportable. Si vous ajoutez à cela le rendez-vous d’un homme qui souhaite discuter avec un père de famille pour voir si il se pose les bonnes questions quant à devenir père à son tour. J’ai craqué, pété un plomb. J’ai cherché mes baskets et je suis sortie. Je ressentais tellement le besoin de me lâcher que rien ne m’a freiné, je suis aller courir, sous la pluie, avec 4°C. Je me suis vite aperçue que j’avais oublié un éléments dont je me suis détachée : un soutien gorge… comme il n’y avait personne à la Pep’ par un temps pareil, alors j’ai continué en me tenant de temps à autre la poitrine. En résumé, ça donne une meuf avec un pull à capuche sous la pluie qui cours en se tenant les seins…c’est le résultat l’important, non?. Ca n’a pas duré longtemps, vu mon entrainement remontant à 2006 lorsque je m’étais retrouvé au chômage, mais ça m’a fait un bien fou!
Pour vous lectrice sportive ça ne vous parait pas exceptionnelle, mais moi je me dis qu’il se passe vraiment des trucs étranges dans ma vie en ce moment !
Chemise rouge, attitude de lesbienne, regards qui trainent… jusqu’au moment où dans la cuisine devenue la salle de débauche, fumoir et stockage d’alcool, on se mets à parler cul. Débats entre inconnus sur la notion de couple, de fidélité, de définition de sexualité. Les questions arrivent petit à petit. Puis viens LA phrase attendue : “Moi j’essairais bien avec une fille”. J’avais deviné ma belle, mais ça je ne vais pas te le dire… Après avoir préciser que ce soir je n’en n’était pas là, on continue la discussion. Des choses sortent mais pas tout. A la quatrième fois qu’elle dit “j’essairai bien avec une fille”, je lui fait remarquer. Elle reste gêné, elle ne s’était pas rendu compte. Elle se découvre surprise elle même par ses propos. Oui ça devient une fixation. Je n’ai pas osé lui dire qu’elle regardait les filles comme une lesbienne. En écoutant ses propos sur le couple et la fidélité, on comprend vite que beaucoup de barrières culturelles sont à franchir avant le grand saut. Pourtant cette discussion a lieu et petit à petit elle réfléchit, elle remets en cause, les questions sortent. Pour la première fois elle rencontre beaucoup d’homos et des hétéros qui ont l’habitude de les fréquenter. Elle découvrent un autre discours, une autre vision des choses. On essai de dire sans brusquer.
Dans cette discussion, on se sent vraiment dans le pays Haut, territoire étrange de Meurthe et Moselle structuré par ses mines fermées, pays des trois frontières où les personnes vont travailler au Luxembourg et faire leurs études en Belgique, coeur de l’Europe au milieu de nul part. Un lieu où , à trente ans, dans un milieu de personnes ayant eu accès à des études supérieurs, ce genre de conversation semble être rare et ne peut avoir lieu qu’avec des personnes venues de la grande ville.
Je t’aurais bien aidée jeune fille, tu es charmante, mais ce soir j’ai la tête et le corps déjà pris, malgré la distance.
Lesbienne, pas stérile
Encore un médecin que je vais zapper ! Premier rendez vous avec questionnaire classique : Quel âge avez-vous ? 31 ans. Prenez-vous la pilule ? Non. Avez-vous des enfants ? Non. Puis oscultation. Repérage d’anomalie. Prise de sang pour en savoir plus (en oubliant d’expliquer quels sont les trucs plus ou moins grave qu’il pourrait y avoir, ce n’est pas comme si les patients s’étaient battus pour leur information).
Second rendez-vous. Rien de grave mais pour le confort je vais vous prescrire un traitement. Là je me lance parce que j’attendais une question qui ne vient pas :
“- Dites madame, j’aimerais bien faire un enfant dans l’année à venir”.
- Mais avec ce traitement ce n’est pas possible. En plus il dure un an. Et puis après il faut encore attendre quelques mois.
- C’est un peu pour ça que je vous le dis.”
Pendant ce temps dans ma tête…Mais bon sang pourquoi je reste polie. Je n’ai qu’une envie c’est de m’enfuir. Grosse cruche, je me doute que c’est incompatible, alors pourquoi tu proposes ce traitement à une nana de trente ans, qui n’a pas de gamin et qui ne prend pas la pilule sans même lui demander si elle veut un gosse ? C’est parce que j’ai une gueule de gouine que ça ne t’a même pas effleuré l’esprit ?
Je veux me casser, je taguerais bien sa porte : LESBIENNE MAIS PAS STERILE.
Je me suis forcée à sortir un peu à midi car hier je n’avais pas vu le jour. Le problème est que je travaille en centre-ville, du coup si je sors je fais les magasins et donc j’achète des choses. Je trouve toujours un bon prétexte pour me dédouaner de cet appel de la consommation. Par exemple il est nécessaire de bien choisir ses cadeaux, donc d’aller à Fnac éveil&jeux (avec le Petit Bonhomme de bois, ce sont mes préférés). C’est très important, avec les gamins autour de moi qui arrivent il faut toujours un truc. Je suis tombée sur un joli cadeau de naissance (tiens, si je le gardais pour moi…bon ok, je vais déjà trouver le père).
Arrivée en caisse une jolie meuf tout sourire m’accueille, j’vais en profiter pour faire une carte fidélité, vu le nombre de fois que je passe ici maintenant. Elle papote, vient The question : « c’est pour quelqu’un de proche ? » La vérité me vient à l’esprit…. euh, plus ou moins, c’est pour mon ex qui est enceinte…finalement non… « Oui, c’est pour ma sœur… ». Est-ce qu’un jour j’arriverais à répondre normalement à ce type de question en étant sûre que la personne en face réagisse normalement aussi ?
Le seul intérêt du couple est de faire des trucs de vieux couple. Pour le reste il n’est pas nécessaire de rester avec la même personne.
la vie est belle
La petite geek-marmotte épuisée de s’être levée le matin pour passer quelques instants avec moi dort encore et encore. Je passe de temps en temps, la regarde, elle est jolie. Je fais en attendant son réveil ces milliards de peties choses type tri des papiers, de l’appart’… tous ce qui en temps normal est lassant, reporté mais la sentir là, dans la pièce d’à côté est si doux… la vie est belle.
Changements
Me voilà à reprendre un petit déjeuner le matin au lieu de courir mon café à la main dan la rue. J’ai eu peur la première fois que j’ai ouvert un placard avec les objets alignés dedans, elle avait juste rangé la vaisselle, j’ai mis un petit temps à comprendre. Du coup ça m’a fait sourire lorsque j’ai aperçu les deux serviettes pliées en deux et posées de façon symétrique sur le radiateur. Le midi il y a une odeur de cuisine en arrivant et une table qui ne donne pas envie de retourner travailler. Je me permets de couper le gros rock pour mettre les infos. Elle commence à oser râler tout haut après Sarko… Des milliards de petites choses, de soins, de discussion, de mises en place…. C’est doux. On a peur un peu . On construit doucement. J’ai hâte d’aller encadrer ses aquarelles pour les accrocher.
Question existentielle (11)
Comment se heurter aux différences culturelles sans se prendre un mur?

