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Elle est là
Elle est arrivée hier, ses cartons et meubles aujourd’hui. Elle emménage dans son appartement. Hier soir je débordais du besoin d’exprimer mes sentiments, mes rêves. Elle a débordé d’émotions. Ca devenait ingérable. Trop fort. Mais je n’ai pas envie de maitriser, de toute façon on n’y arrive jamais. Alors je plonge. J’y crois. Surtout je crois en elle, je ne sais pas pourquoi, et puis je m’en fou.
Elle est là, je n’ai pas encore vraiment réalisé.
Je sais seulement que ça va être beau.
Prévention
Depuis que je travaille un de mes objectifs est de faire passer le message : “En arrêtant de fumez vous économisez. Alors pour vous motiver mettez le montant de vos achats de cigarettes de côté et partez en voyage. Ainsi vous libérez vous poumons, côté mental vous vous faites du bien et vous améliorez la qualité de vie de votre entourage”.
J’ai un message de subsitution mais je ne sais pas comment le faire passer auprès de ma hiérarchie : “En arrêtant de mettre des soutiens gorge vous économisez. Alors pour vous motiver mettez le montant de vos achats de sous vêtements de côté et achetez des sexes toys. Ainsi vous libérez votre poitrine, côté mental vous vous faites du bien et vous améliorez la qualité de vie de votre entourage”
Question existentielle (12)
Pourquoi les lesbiennes ont, comme les hétéros, une envie plus présente de baiser en période d’ovulation?
Hier c’était la crise, je me sentais pas belle, pas bien dans mon corps. J’ai bien tenté de revaloriser mon image en faisant du shopping, puis le coiffeur, mais il n’y avait rien à faire. Par ailleurs l’envie de baiser qui me tenaillait était insupportable. Si vous ajoutez à cela le rendez-vous d’un homme qui souhaite discuter avec un père de famille pour voir si il se pose les bonnes questions quant à devenir père à son tour. J’ai craqué, pété un plomb. J’ai cherché mes baskets et je suis sortie. Je ressentais tellement le besoin de me lâcher que rien ne m’a freiné, je suis aller courir, sous la pluie, avec 4°C. Je me suis vite aperçue que j’avais oublié un éléments dont je me suis détachée : un soutien gorge… comme il n’y avait personne à la Pep’ par un temps pareil, alors j’ai continué en me tenant de temps à autre la poitrine. En résumé, ça donne une meuf avec un pull à capuche sous la pluie qui cours en se tenant les seins…c’est le résultat l’important, non?. Ca n’a pas duré longtemps, vu mon entrainement remontant à 2006 lorsque je m’étais retrouvé au chômage, mais ça m’a fait un bien fou!
Pour vous lectrice sportive ça ne vous parait pas exceptionnelle, mais moi je me dis qu’il se passe vraiment des trucs étranges dans ma vie en ce moment !
Chemise rouge, attitude de lesbienne, regards qui trainent… jusqu’au moment où dans la cuisine devenue la salle de débauche, fumoir et stockage d’alcool, on se mets à parler cul. Débats entre inconnus sur la notion de couple, de fidélité, de définition de sexualité. Les questions arrivent petit à petit. Puis viens LA phrase attendue : “Moi j’essairais bien avec une fille”. J’avais deviné ma belle, mais ça je ne vais pas te le dire… Après avoir préciser que ce soir je n’en n’était pas là, on continue la discussion. Des choses sortent mais pas tout. A la quatrième fois qu’elle dit “j’essairai bien avec une fille”, je lui fait remarquer. Elle reste gêné, elle ne s’était pas rendu compte. Elle se découvre surprise elle même par ses propos. Oui ça devient une fixation. Je n’ai pas osé lui dire qu’elle regardait les filles comme une lesbienne. En écoutant ses propos sur le couple et la fidélité, on comprend vite que beaucoup de barrières culturelles sont à franchir avant le grand saut. Pourtant cette discussion a lieu et petit à petit elle réfléchit, elle remets en cause, les questions sortent. Pour la première fois elle rencontre beaucoup d’homos et des hétéros qui ont l’habitude de les fréquenter. Elle découvrent un autre discours, une autre vision des choses. On essai de dire sans brusquer.
Dans cette discussion, on se sent vraiment dans le pays Haut, territoire étrange de Meurthe et Moselle structuré par ses mines fermées, pays des trois frontières où les personnes vont travailler au Luxembourg et faire leurs études en Belgique, coeur de l’Europe au milieu de nul part. Un lieu où , à trente ans, dans un milieu de personnes ayant eu accès à des études supérieurs, ce genre de conversation semble être rare et ne peut avoir lieu qu’avec des personnes venues de la grande ville.
Je t’aurais bien aidée jeune fille, tu es charmante, mais ce soir j’ai la tête et le corps déjà pris, malgré la distance.
Lesbienne, pas stérile
Encore un médecin que je vais zapper ! Premier rendez vous avec questionnaire classique : Quel âge avez-vous ? 31 ans. Prenez-vous la pilule ? Non. Avez-vous des enfants ? Non. Puis oscultation. Repérage d’anomalie. Prise de sang pour en savoir plus (en oubliant d’expliquer quels sont les trucs plus ou moins grave qu’il pourrait y avoir, ce n’est pas comme si les patients s’étaient battus pour leur information).
Second rendez-vous. Rien de grave mais pour le confort je vais vous prescrire un traitement. Là je me lance parce que j’attendais une question qui ne vient pas :
“- Dites madame, j’aimerais bien faire un enfant dans l’année à venir”.
- Mais avec ce traitement ce n’est pas possible. En plus il dure un an. Et puis après il faut encore attendre quelques mois.
- C’est un peu pour ça que je vous le dis.”
Pendant ce temps dans ma tête…Mais bon sang pourquoi je reste polie. Je n’ai qu’une envie c’est de m’enfuir. Grosse cruche, je me doute que c’est incompatible, alors pourquoi tu proposes ce traitement à une nana de trente ans, qui n’a pas de gamin et qui ne prend pas la pilule sans même lui demander si elle veut un gosse ? C’est parce que j’ai une gueule de gouine que ça ne t’a même pas effleuré l’esprit ?
Je veux me casser, je taguerais bien sa porte : LESBIENNE MAIS PAS STERILE.
Je me suis forcée à sortir un peu à midi car hier je n’avais pas vu le jour. Le problème est que je travaille en centre-ville, du coup si je sors je fais les magasins et donc j’achète des choses. Je trouve toujours un bon prétexte pour me dédouaner de cet appel de la consommation. Par exemple il est nécessaire de bien choisir ses cadeaux, donc d’aller à Fnac éveil&jeux (avec le Petit Bonhomme de bois, ce sont mes préférés). C’est très important, avec les gamins autour de moi qui arrivent il faut toujours un truc. Je suis tombée sur un joli cadeau de naissance (tiens, si je le gardais pour moi…bon ok, je vais déjà trouver le père).
Arrivée en caisse une jolie meuf tout sourire m’accueille, j’vais en profiter pour faire une carte fidélité, vu le nombre de fois que je passe ici maintenant. Elle papote, vient The question : « c’est pour quelqu’un de proche ? » La vérité me vient à l’esprit…. euh, plus ou moins, c’est pour mon ex qui est enceinte…finalement non… « Oui, c’est pour ma sœur… ». Est-ce qu’un jour j’arriverais à répondre normalement à ce type de question en étant sûre que la personne en face réagisse normalement aussi ?
Le seul intérêt du couple est de faire des trucs de vieux couple. Pour le reste il n’est pas nécessaire de rester avec la même personne.
la vie est belle
La petite geek-marmotte épuisée de s’être levée le matin pour passer quelques instants avec moi dort encore et encore. Je passe de temps en temps, la regarde, elle est jolie. Je fais en attendant son réveil ces milliards de peties choses type tri des papiers, de l’appart’… tous ce qui en temps normal est lassant, reporté mais la sentir là, dans la pièce d’à côté est si doux… la vie est belle.
Changements
Me voilà à reprendre un petit déjeuner le matin au lieu de courir mon café à la main dan la rue. J’ai eu peur la première fois que j’ai ouvert un placard avec les objets alignés dedans, elle avait juste rangé la vaisselle, j’ai mis un petit temps à comprendre. Du coup ça m’a fait sourire lorsque j’ai aperçu les deux serviettes pliées en deux et posées de façon symétrique sur le radiateur. Le midi il y a une odeur de cuisine en arrivant et une table qui ne donne pas envie de retourner travailler. Je me permets de couper le gros rock pour mettre les infos. Elle commence à oser râler tout haut après Sarko… Des milliards de petites choses, de soins, de discussion, de mises en place…. C’est doux. On a peur un peu . On construit doucement. J’ai hâte d’aller encadrer ses aquarelles pour les accrocher.
Question existentielle (11)
Comment se heurter aux différences culturelles sans se prendre un mur?
En allant au théatre voir Slogan (http://www.theatredelacommune.com/fr/slogans.html), pièce montée par Torjmann, un ami m’a dit en sortant “j’ai honte d’être un homme”.
Je n’ai jamais subit un homme, j’ai de la chance, je le sais. Je n’ai jamais vu un homme frapper une personne plus faible que lui. Des femmes j’en ai vu. J’ai vu des femmes frapper des enfants. Je les ai vu et je les ai entendu crier. Pourtant j’ai appris à faire donfiance aux femmes. Pourtant j’ai appris à me méfier des hommes. Mais je refuse de catégoriser un ensemble de population comme dangereuse. Je refuse ce sexisme à cause de quelques uns. Quand je vois des “taxis roses” se mettre en place ou des trains réservés aux femmes ça me fait bondir autant que lorsque des parisiens me disent avoir peur dans les bus de nuit car il n’y a que des noirs. Oui il y a des hommes dangereux. Oui, il y a des femmes qui les subissent mais il y a aussi d’autres hommes qui les subissent. Alors pour tous ces mecs qui sont capable de dire à la fin d’un spectacle “j’ai honte d’être un homme”, je n’accepterais jamais le discours sexiste porté par certaines femmes, aussi louable soient leurs combats.
Ecriture de déprime
Pour venir ici je préférais quand ça n’allait pas. Lorsque ce blog était le seul à qui je parlais, quand j’étais ici pour crier. Maintenant c’est difficile. Je n’ai jamais su écrire. Je suis venue ici pour profiter d’un élan lié au besoin de m’exprimer afin d’apprendre un peu plus à rédiger. Je suis étonnée du nombre de post produits mais c’est vraiment plus difficile lorsque le bonheur s’en mêle (en me relisant je me dis que cette phrase est horrible, non chère lectrice déprimée, je ne t’envie pas non plus mais profites en pour écrire, peindre, créer….).
Résolutions
Déjà le 4 janvier et je n’ai pas encore eu le temps de poser mes résolutions de l’année… J’sais pas trop quoi prendre. On devrait faire un document à choix multiples. Je vais tenter :
Arrêter de fumer : fait, enfin, sufisamment, à un paquet par mois, c’est bon
Me reposer : Pas de problème!
Trouver un travail : il faudra recommencer mais au 1er janvier 2011, donc ça ne peut pas être dans la liste de cette année
Gérer son budget : vu ma nouvelle compagne (j’adore le terme de ma grand-mère), la non-consommation va m’aider (même si je fais quelques écarts, Wii)
Appeler mes amis : ça a l’air de tourner tranquillement
Manger correctement : daccord, j’ai repris un peu mais c’était Noyel
Faire du sport : tiens celle -ci je l’avais oubliée! c’est pas ma faute, dès que je parle d’abdos ma meuf rit au lieu de m’aider ![]()
Reprendre des études : celle-ci je la garde, ça dépend un peu de résultat du concours mais oui, je l’aime bien
Aller jusqu’au bout d’un projet perso : ouiiiiiiiiii
Faire un bébé : ça rentre dans les résolutions ça?
Essayer de garder ma meuf : ça me changera !
Bon j’en ai déjà trois alors, c’est pas mal, non?
Vous avez d’autres résolutions au choix?
Putain d’année passée. En 2008 j’avais tout : les potes, le boulot, la femme, les projets… Puis 2009 tout s’est effondré et j’ai du tout reconstruire. Essayer d’accepter que ce n’est pas de ma faute. Admettre que je n’aurais pas du faire confiance. Pourtant seul moyen de m’en sortir : donner ma confiance. M’appuyer sur d’autres parce que je n’étais rien.
Y une meuf qui n’avais rien demandé mais elle était là le week-end clé, le premier où il y a eu un peu de sincérité de la part d’Elle. Du coup je lui ai demandé son secours, elle a assuré, sans rien dire de spécial. Elle a été là. Je ne la connaissais pourtant pas avant ou si peu. Elle restera la première rencontre forte de cette année. Putain d’année. Putain de meuf. Elle n’est même pas devenu mon amante. Elle ne l’a pas fait pour ça. Elle était là juste parce que c’est un meuf où tout est tranquille. Et puis quand t’es paumée, tu peux avancer à ses cotés si ça te permet d’être moins paumée après elle trouve juste ça cool. Bref, merci.
Les potes ont été là alors que je n’osais pas compter sur eux. Je ne savais pas s’ils étaient mes amis où juste ceux qui me fréquentaient car c’étaient les amis d’Elle. Pas un seul n’a manqué à l’appel (d’autres moins proches d’elle mais dans les environs se sont par ailleurs manifestés
). Là j’ai su que j’allais rester vivre dans cette ville.
Après il y a eu ce blog. Je ne savais pas comme il me ferais du bien. Je le délaisse un peu trop désormais. Il faut que je continue de prendre le temps. Je veux dire la suite à toutes celles qui, comme je l’ai fait, se sont raccroché à des histoires partagée, je veux dire comme c’est beau aujourd’hui.
Celle de mes nuits a fini par trouvé ce lieu. Elle a du mal interpréter mes mots car je ne pouvais pas tout dire ici. Je ne pouvais pas dire l’importance qu’elle avait prise dans ma vie. Je ne pouvais évoquer à quel point nos différences de vies me pesaient. J’aimais bouffer avec elle le midi. Je flippais le soir de savoir dans quel état j’allais la retrouver, si elle allait être elle même, cette nana pleine de finesse, intéressante et habile ou si j’allais trouver l’autre, celle qui fait son sketch, qui peut être drôle cinq minutes et encore, au début, mais qui cache la beauté qu’il y a derrière. Elle restera un grand regret, j’espère que l’on se recroisera, bientôt.
Celle du bout du monde m’a réappris tellement de choses que je ne peux pas les résumer ici. Instants hors du temps. Banane sur le visage. Redécouverte de la liberté naturelle à laquelle on aspire. C’était bon, je ne trouve pas de mots, le seul qui me vient c’est : “Wahou”.
Enfin il y a eu La dernière, celle que j’aime aujourd’hui. Je ne sais pas où on va mais je sais que j’ai envie d’y aller. Je ne pourrais donner de détail c’est juste bon.
Je ne saurais oublier toutes les autres rencontres, les meufs installées qui soutiennent et me réconfortent; la p’tite jeune magique dont l’imagination et la détermination fascine et fait sourire; la socialiste avec laquelle ont rit de pouvoir enfin baiser sans se faire traiter de “social-traiter” par la lesbienne gauchiste (c’est un euphémisme) à laquelle on vient de se livrer; la jeune maman arrivée juste un peu tard; l’ex qui repointe son nez sur msn et qui fait du bien car elle me connait pas mal et puis maintenant, il n’y a plus d’enjeux; l’ex éternelle devenue meilleure amie qui est toujours et encore là.
Au delà de tout ce monde il y a aussi tout ces mecs biens, avec lesquelles j’ai fricoté un jour et qui sont resté mes amis malgré cet égarement de ma part et le fait que je leur précise le lendemain que je suis vraiment lesbienne. Ces amis sur lesquels je peux compter pour partager nos histoires de coeur avec ces nanas qu’on aiment et qui nous prennent la tête.
Quand je vois que j’ai écris tout ça et que j’ajoute New York, Barcelone, la Bretagne et le Pays Basque. Je me dis que cette putain d’année 2009 a été une année de vie bien dense. Tout s’est effondré et toutes les bases ont été reconstruites. Cette année pleine de vie restera en grande partie dans ma mémoire!
2010 s’annonce comme l’année des réalisations et ça tombe bien car je l’ai depuis son évocation mis sous un seul adjectif : l’Année des plaisirs.

