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Le jour s’est levé
Il y a des matins où il fait jour. Après m’être enfoncée, envie de remonter. Pourquoi maintenant, pourquoi ce matin? Je ne sais pas, surement pour des millliards de choses. Peut être aussi que si je continue je vais aller trop loin. Peut être surtout que ce week end a été un signe fort, ou plutot plein de signes.
Je ne sais pas pourquoi ce matin j’ai pensé très fort à la première. La première fille. Chatain clair avec des yeux vert, son corps magnifique. Sous mes doigts seulement car elle était incapable de me laisser le regarder ce corps meurtri. Tellement meutri que je pouvais deviner certaines cicatrices en la caressant. Je me souviens de sa douceur, de son intelligence, des heures passées à plier des journaux pour qu’elle gagne 1€, de ses potes et de leurs plans, du jour de sorti du mec qu’elle avait envoyé en taule, de ses bières, de ses drogues, du flingue, du départ, de ses veines, de ses amis qui m’ont dit que j’y pouvais rien, qu’ils feront gaffe que c’était leur rôle, que si je restais sans rester elle allait recommencer parce qu’elle ne pourrait pas oublier… puis il y a eu cette invitation, arrivée malheureusement trop tard, pour un spectacle, enfin un travail réalisé, les TIG ont du bon. J’aurais du chercher pour savoir si ça a continué, j’aurais due, aujourd’hui j’aimerais savoir.
Je ne me suis jamais autant perdue à boire, pour qu’il lui en reste moins, à attendre qu’elle revienne d’un plan foireux, à aller la chercher… Ce fût bref mais intense… En tout cas ça m’accompagne et me protège. J’aimerais la remercier, elle qui en a peut être crevé.
Hier un rendez vous manqué que je n’ai pas regretté m’a permis de me rendre compte. J’avais envie d’aller me perdre, de me saouler à ma fatigue, à la bière par la même occasion, au cul surtout. Moi ma drogue c’est ça. Faut que je calme. Je me sens sale. Je comprends celle qui dit “laisser moi vous prendre mais ne me toucher pas”. Plus envie de tout ça. Je veux décrocher.
C’est étrange au pieds du train en arrivant à Paris il y avait Celle qui m’a draguée avec du thé, il y a 10 ans. J’étais passé chez elle pour un truc futile. Elle m’a demandé ce qui n’allait pas chez moi à ce moment. Il y avait déjà le cul à l’époque mais ça je ne voulais pas l’admettre. Je me souviens pourtant comme je me sentais sale, déjà. Je n’avais pas le temps de changer les draps entre deux. Elles étaient toutes différentes. 18 à 39 ans, des blondes des petites , des brunes, des étudiantes, des postières, des bourgeoises (surtout des bourgeoises)… Je lui ai dit que c’était l’alcool. Elle m’a offert un thé. On a passé deux ans ensemble. Puis j’ai merdé. Elle était chiante en fait (une buveuse de thé quoi). Mais elle m’a fait vachement de bien. Elle a disparue presque du jour au lendemain. Nous ne nous étions pas recroisée depuis 8 ans. Au pied du train au début de ce week end, je ne l’ai pas compris, mais je crois que c’était un signal.
Il faut que je décroche. Arrêter le cul. Me sentir exister sans. Arriver à comprendre qu’on peut aimer autrement. Ca n’aura pas duré longtemps mais je sais, si je continue, tout ce qui va avec va reprendre : l’alcool, les plans foireux, les nouveaux pot’ qui vont trop loin et qu’on tente de protéger d’eux même. Je ne veux pas de ça. Ca me fou les boules parce que dans le fond il y a des gens bien. Oui, mais ce n’est que dans le fond, en privé, les jours de lucidité.
Je vais faire une cure. M’obliger à voir mes pot’. Me donner des temps de repos. Me forcer à me poser pour écrire. C’est ma thérapie.
La différence avec avant c’est que je peux compter sur pas mal de gens pour me soutenir. Il suffit que je décide de faire appel à eux. Oui, je vais le faire
Arrêter. Me reposer. Oui, du repos. J’ai peur. Avec le sevrage il y a l’angoisse. Il y a les crises. Mais je vais y arriver.
Chap. 2 Soirée filles
Première soirée 100% filles où je n’ai pas peur. Je n’attends rien, je ne cherche rien, j’ai envie de passer un bon moment en discutant avec des meufs, juste pour intégrer qu’il y a un après. Celle qui m’a amenée à vouloir venir ici me fait des présentations bizarres des personnes, elles ont chacune trois noms : prénom, pseudo et blog. Moi qui est déjà du mal à en retenir un seul… Je ne retiens rien, mais toutes sont là à discuter, tranquille. A aucun moment je ne me sens seule, à aucun instant je pense m’être trompée de lieu. Je suis bien, une bière à la main, à discuter. Les filles sont presque toutes militantes. Elles viennent de toute la France. Sur scène, une performance fait réagir. Certaines crient « Non aux queer », « on est des lesbiennes », « non à la bite ». S’en suivent des débats sur la place de mecs, le rapport phallique, les queer, les lesbiennes dans tout ça… Réactions que je trouvais assez violentes car anti-queer, il y a assez de place pour tout le monde. Mais réaction juste sur la place du mec par rapport aux nanas. Questions aussi sur le fait de ne pas avoir un rôle de mec ou de nanas à tenir. Questions sur le fait qu’à aucun moment on ne voyait dans la performance des meufs entre elles mais uniquement des meufs faire les mecs et d’autres rester en meuf. Puis d’autres débats, de celles qui disent que les mecs ne nous servent à rien parce qu’on est lesbiennes (et qui en même temps prennent tout le look des mecs), aux débats sur les poils (ce qui vaudra bientôt sur ce blog un post spécifique).
J’apprécie les regards échangés, les débuts de drague, les tentatives de rapprochement venant d’autres nanas, jamais lourdes, toujours agréables, d’autant que je ne veux rien, juste apprécier le fait de se faire draguer. J’vais bouger sur quelques musiques sympathiques de Natt et de Miss Brooklin. Je profite des instants de pauses, en fumant une clope, avec des petites discussions sur tout et rien, en se marrant quand on voit que les buissons bougent et à applaudir la sortie (chapeau le filles!).
Je n’étais venue avec aucune attente, juste envie de passer un temps hors du temps dans ce milieu un peu protégé, dans ce cocon d’une soirée de meufs.
Pourtant en fin de soirée, elles étaient trois Elle dans ma tête, Celle de mes nuits dans la pièce à coté, et la jeune fille qui me regardait de manière plutôt attirante. Dans quoi j’ai encore été me fourrer? J’avais dit que ça allait être n’importe quoi.
Celle de mes nuits c’était mis dans une galère, j’ai tenté de faire ce que je pouvais, prêter mon épaule, la serrer fort, lui dire cette vérité qu’elle ne voulait pas entendre, il y a des choses auxquelles ont ne peut rien.
La soirée tendait à sa fin avec son organisation : qui dors où ? Qui rentre comment, avec qui? Un moment de flou. Que se passe t il? Comment faire durer cette tranquillité? Comment faire attention aux meufs? J’ai envie de quoi? Bordel faut prendre des décisions. Ca a failli partir en live.
Mais finalement non, il fallait que ça continue à être tranquille, simple, naturel. En plus j’avais trop bu, trop de monde dans la tête, trop pas envie de réfléchir. Alors j’ai défragmenté, remis tout le monde dans sa case, bien rangées et je suis rentrée avec la jeune fille.
Gueule de bois
Je ne sais plus trop ce que j’ai bu hier. Je me souviens juste qu’à un instant je me suis dit “je suis bien”. Et cet instant de pause était agréable. Bon, après, ça n’a plus été.
Dans mon lit vers 3 h du mat je crois, je me suis réveillée toutes les 3 heures. Ca deviens mon chiffre 3 !
Enfin ça ne marche pas à tout les coup. 3 ans avec elle. 2 mois qu’elle ne se bat plus pour nous. 2 semaine qu’elle a demandé de l’air. 2 jours que nous ne sommes plus ensemble.
Et je me retrouve ici devant mon ordi, comme une ado… Ils sont pas cons les ados, ça fait vraiment du bien d’écrire. Et puis au moins personne vous emmerde avec des réponses à la con.
Le seul truc c’est qu’il faut que je trouve le ton, la forme, la personnalité. Peut être plutot les personnalités, ce sera plus simple!!

