Articles Marqués ‘Amis’
En fait , t’es qui?
Pourquoi tu souris, alors que tu stresses ?
Pourquoi tu te tais, alors que tu penses ?
Pourquoi tu baises, alors que tu cherches de l’amour ?
Pourquoi tu te caches, alors que t’es chouette ?
Est-ce que boire un verre avec une amante pour lui dire “je ne veux plus qu’on couche ensemble, mais t’es chouette, alors j’aimerais bien continuer d’apprendre à te connaître” est un acte sensé?
Chap. 2 Soirée filles
Première soirée 100% filles où je n’ai pas peur. Je n’attends rien, je ne cherche rien, j’ai envie de passer un bon moment en discutant avec des meufs, juste pour intégrer qu’il y a un après. Celle qui m’a amenée à vouloir venir ici me fait des présentations bizarres des personnes, elles ont chacune trois noms : prénom, pseudo et blog. Moi qui est déjà du mal à en retenir un seul… Je ne retiens rien, mais toutes sont là à discuter, tranquille. A aucun moment je ne me sens seule, à aucun instant je pense m’être trompée de lieu. Je suis bien, une bière à la main, à discuter. Les filles sont presque toutes militantes. Elles viennent de toute la France. Sur scène, une performance fait réagir. Certaines crient « Non aux queer », « on est des lesbiennes », « non à la bite ». S’en suivent des débats sur la place de mecs, le rapport phallique, les queer, les lesbiennes dans tout ça… Réactions que je trouvais assez violentes car anti-queer, il y a assez de place pour tout le monde. Mais réaction juste sur la place du mec par rapport aux nanas. Questions aussi sur le fait de ne pas avoir un rôle de mec ou de nanas à tenir. Questions sur le fait qu’à aucun moment on ne voyait dans la performance des meufs entre elles mais uniquement des meufs faire les mecs et d’autres rester en meuf. Puis d’autres débats, de celles qui disent que les mecs ne nous servent à rien parce qu’on est lesbiennes (et qui en même temps prennent tout le look des mecs), aux débats sur les poils (ce qui vaudra bientôt sur ce blog un post spécifique).
J’apprécie les regards échangés, les débuts de drague, les tentatives de rapprochement venant d’autres nanas, jamais lourdes, toujours agréables, d’autant que je ne veux rien, juste apprécier le fait de se faire draguer. J’vais bouger sur quelques musiques sympathiques de Natt et de Miss Brooklin. Je profite des instants de pauses, en fumant une clope, avec des petites discussions sur tout et rien, en se marrant quand on voit que les buissons bougent et à applaudir la sortie (chapeau le filles!).
Je n’étais venue avec aucune attente, juste envie de passer un temps hors du temps dans ce milieu un peu protégé, dans ce cocon d’une soirée de meufs.
Pourtant en fin de soirée, elles étaient trois Elle dans ma tête, Celle de mes nuits dans la pièce à coté, et la jeune fille qui me regardait de manière plutôt attirante. Dans quoi j’ai encore été me fourrer? J’avais dit que ça allait être n’importe quoi.
Celle de mes nuits c’était mis dans une galère, j’ai tenté de faire ce que je pouvais, prêter mon épaule, la serrer fort, lui dire cette vérité qu’elle ne voulait pas entendre, il y a des choses auxquelles ont ne peut rien.
La soirée tendait à sa fin avec son organisation : qui dors où ? Qui rentre comment, avec qui? Un moment de flou. Que se passe t il? Comment faire durer cette tranquillité? Comment faire attention aux meufs? J’ai envie de quoi? Bordel faut prendre des décisions. Ca a failli partir en live.
Mais finalement non, il fallait que ça continue à être tranquille, simple, naturel. En plus j’avais trop bu, trop de monde dans la tête, trop pas envie de réfléchir. Alors j’ai défragmenté, remis tout le monde dans sa case, bien rangées et je suis rentrée avec la jeune fille.
Des fois les potes ils ne comprennent pas, peut être est-ce inexplicable. En même temps je me demande si ce n’est pas eux qui ont raison et moi tort. D’un autre coté, moi, je ne peux pas faire autrement. Ils me disent de me protéger mais la meilleure défense, c’est l’attaque.
Je fais comme si de rien était. Je la vois, en soirée ou ailleurs. Lorsqu’il y en a un qui s’excuse de parler de l’Autre, je lui fais un grand sourire en lui disant « t’inquiète pas, j’m’en fou ».
Faire l’indifférente, reprendre le cours de ma vie. Avancer, faire comme si c’était passé. Ca me rend forte. C’est mon seul moyen de m’en sortir. Si je n’agis pas ainsi je risque trop de m’effondrer. Là je perdrais tout : le goût des choses, la capacité de rebondir, mes amis (oui, même sympa des amis, ils vont se relayer, mais pour les soirées, c’est moyen quelqu’un qui fait la gueule), et la petite chance que j’ai qu’elle se dise qu’en fait, j’suis pas mal comme meuf.

