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Environ 25 ans
Je voulais vous parler de mon tatoo (oui le truc où tu recevais un numéro et il fallait rappeler)mais ce sera pour une autre fois car hier j’ai passé une soirée avec des jeunes de 25 ans. En fait il n’y a pas beaucoup d’années d’écart, en tête à tête ça va mais dès qu’ils sont en groupe…
Même si tu n’en connais aucun quand t’arrive tout le monde te fait la bises, de toute façon autour de la table personne ne connait tous ceux qui sont présents. Ils sont en dernière année de master et quelques uns font leurs premières semaines sur le marché du travail. Ils ont prévu de partir quelques mois à l’étranger parce que c’est quand même trop bien. Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils vont faire de leur vie mais ont plein d’idées. Il y a toujours un moment une question qui te ramène à ton état : “J’ai des élèves cette année, ils sont nés en 1998, ils n’ont même pas connu la coup du monde! T’étais où toi ce soir là? - C’était le top, on était arrivé à avoir un amphi à la fac à Troyes - Waouh, t’étais déjà à la fac -Bah oui, et toi? - Moi j’étais en 4ème - ….”
Ils boivent pas mal de bière. Tu sens qu’ils savent pas encore vraiment qui ils sont mais ils savent qui ils voudraient devenir. Ils se draguent sans cesse un peu dans l’esprit “Où est-ce que je vais me poser”. Y en a pas mal qui ont trop bu (pas toujours pratique pour plaire aux filles).
Ils te font oublier l’heure, à toi celle qui demain à 7h30 sera au bureau, mais tu t’en fou parce qu’un moment tu as retrouvé cet âge que t’aimais bien : l’âge des possibles (oui, exactement, le film de Pascale Ferrand). . Et puis tu te rends compte qu’il n’est pas si loin, il faut juste retrouver un peu d’insouscience.
“J’suis à la terrasse du Réservoire, demain je ne suis pas libre, alors viens”. Cool, un p’tit verre. L’ambiance est sympa, des meufs tranquilles, des PD un peu jeunes et rigolos. Dommmage que je sois crevée j’aimerais plus apprécier. Je raconte que j’ai déménagé, ça permet d’afficher “célibataire” à celle qui me rappelle que je l’ai déjà rencontrée avec ma copine (pas classe de ne pas être physionomiste). 1h je commence vaiment à m’effondrer, c’est con, j’aurais bien passé la nuit là.
Dans la difficile vie d’une lesbienne qui vit une séparation il y a un moment crucial : vais-je ou non partir avec un gode? Pour le matériel acheté avant, pas de question à se poser. Pour le reste…bon, c’est moi qui me suis fait plaquée; oui mais c’est moi qui déménage; d’un autre coté, ce serait l’occasion de se renouveller… Allez, je laisse tout!
C’est bien beau mais il va falloir choisir alors! J’en discute avec la spécialiste ès gode du groupe qui est …hétéro 100% (la seule). Là elle part dans un compartif qui dure des heures mais m’affirme que les godes non vibro servent à rien, je tente alors une expolication de la sexualité lesbienne, elle fait des efforts pour comprendre mais n’arrive pas à imaginer du plaisir à cela, forcément, elle est 100% hétéro… Après une grande conversation, nous allons voir sur internet en image et en démo…
Le soir venu, je raconte à Celle de Bout du Monde ma petite discussion, pas ou peu de réaction de sa part…en effet, elle avait oublié d’insister en me disant qu’elle était avec un pot dans la voiture et…sur haut parleur…
Voilà comment j’ai partagé ma sexualité pendant 48h…
Au final, je retourne sur le net de chez moi, tranquille, enfin, pour prêter un peu plus d’attention à ce qui s’offre à moi (enfin offrir, quand on voit les tarifs, c’est beaucoup dire) en tenant compte des conseils de la veille… Et voici mon ordi qui ne cesse d’ouvrir des fenêtres de pub…
La prochaine a intérêt à le savoir : je prendrais tout!!
Manipulation
Je me surprends parfois à agir comme Elle, à poser des questions uniquement pour voir la réaction de l’autre, à sous -entendre une réponse de ma part à cette même question alors que je n’en n’ai pas puis à appréhender sa réponse car je ne sais pas vraiment laquelle me satiferait, à n’y réfléchir qu’ensuite.
Je n’aimais pas cette manipulation de l’esprit de sa part, même si je me prêtais au jeu, je le trouvais malhonnête. En même temps, je ne vois pas d’autres façon de savoir vraiment ce que l’autre pense.
A quel point m’a-t-elle changée?
La sonnerie, sa voix, son souffle, apprendre le temps qu’il fait là-bas, savoir où elle en est dans son sommeil, dans son travail, connaître un peu son planning, parler de ma famille, me corriger en ne demandant plus ce qu’elle a prévu de faire après mais ce qu’elle a envie, partager avec elle ce qui me préoccupe, tenter qu’elle s’exprime, écouter ses silences avec délectation, rire parce qu’elle fait tout pour, lui glisser de la douceur dans l’oreille et dans l’esprit, lui apporter un peu de tendresse, l’embrasser, échanger nos “Ciao”…me sentir bien…
Retrouvailles
Enfin parler, enfin se poser avec Elle. Arriver à lui dire que j’ai besoin de comprendre pour me reconstuire. Lui reprocher de ne pas avoir pris soin de moi.
L’écouter me dire tout ce que je n’arrêtais pas de lui répéter mais qu’elle a mieux intégré en l’entendant de la bouche d’une autre. Savoir qu’elle est mal d’avoir des trucs à régler. Etre heureuse qu’elle en ait pris conscience. Me demander si elle va arriver à y faire quelque chose. Me demander combien de temps ça va prendre. Voir qu’elle met elle-même des barrières à sa relation actuelle. Des limites qui vont faire mal à quelqu’un d’autre. Toujours des bâtons qui rendent les choses impossibles. Protections contre le bonheur.
Lui dire qu’elle n’a posé aucune question sur moi. L’entendre me répondre qu’elle pensait que je ne voulais pas en parler. Savoir qu’elle a raison. Savourer le fait qu’elle me dise “mais je te surveille de loin”. Etre contente de savoir que malgré tout elle est toujours là.
Lui réclamer un câlin. Savoir ce qu’elle va répondre. Entendre la réponse : “après ma cigarette”. Me poser contre Elle, juste pour voir. Sentir que ça m’apaise.
Lui parler de Celle du bout du monde. Sourire à ses deux questions. Dans l’ordre : “Est-ce qu’elle est intelligente?”, puis “Est-elle socialiste?”.
Me rendre compte que malgré tout, elle est restée elle-même. Comprendre qu’elle prend le chemin. Espérer qu’elle aille jusqu’au bout. Avoir plaisir à la retrouver.
Méfiances et tentatives de connaissance
Elle m’empêche de l’approcher
Puis me reproche de ne pas m’intéresser à elle
Elle me colle dans une case
Sans même me connaitre
Elle tente de coller à mes désirs
Puis me reproche ces même désirs
Qui ne sont pas vraiment les miens
Elle suscite ma curiosité
Et rentre dans sa carapace
Elle explose
Tente de parler
Me demande enfin ce que je souhaite
Je peux lui dire que j’ai envie d’écouter, d’apprendre à la connaitre
Elle a tellement gardé tout depuis longtemps que ça part dans tous les sens
Je récolte
Je recollerais plus tard
Enfin arriver à la connaitre un peu
Toute cette tension sort
Je voudrais lui faire une bulle
Lui permettre de se détendre
Une petite pose
La protéger un peu
Elle qui m’a tant donné
Elle qui est épuisée de donner
Lui dire qu’elle aussi elle peut demander
Elle aussi elle a le droit de recevoir
Chap. 4 Au bord de l’océan
Quelques kilomètres, on prend le temps de trouver un coin agréable où se poser, on aperçoit une plage au loin. On y va, elle est superbe. La marée est basse. Le soleil est maintenant tout près de l’eau et se reflète fort dedans.
On avance sur le sable, je me mets derrière toi, ma main glisse sans le chercher dans ton pantalon. Je continue de regarder cette plage immense qui se poursuit par l’océan jusqu’à l’horizon avec le reflet du soleil qui m’ébloui. Je sens ton clitoris se durcir, tes muscles se tendre, ton souffle se couper… Mon regard se perd dans l’infinité du lieu, je ne suis plus là, je suis partie, loin, avec toi….
Reprise de la marche, taquineries, bataille de fille. On se met en condition, en retirant les vestes. Tu luttes dure mais je te mets à terre. Tu reconnais ta défaite, vexée comme un poux, t’es mignonne quand tu fais cette tête. Tu me faire rire. Tu ris aussi. J’adore ça, j’aime entendre ton rire franc et libéré.
Le sable sec et léger est soufflé par le vent au dessus de la plage humide, c’est beau. Nous arrivons aux rochers, tu m’apprends quelques coquillages, du coup après je peine à marcher dessus car j’ai peur de les briser. On se retrouve isolées au milieu des rochers, tu me sers fort, je me laisse aller, je me laisse faire, tu m’emportes…
J’aime cette plage.
Pour le repas, après notre envie de crêpes, finalement on cherche des moules… Discussion agréable, on se raconte un peu nos vies, nos envies, on rit, on se découvre, je ne vois pas le temps passer. Le restaurant se vide. Nous faisons un dernier arrêt pour profiter de l’océan, de tes bras et de cet instant.
Fric et sens
Engueulade pour une question de fric. Je me suis toujours dit que quand ça arrivait c’est qu’il n’y avait plus de discussion possible. Sauf qu’aujourd’hui c’est mon couple et en fait ça m’a fait super mal. Elle n’a pas compris. Elle n’a pas capté que ce qui me faisait mal n’était pas l’histoire de tune mais ce que ça signifiait.
Pseudo rendez vous demain mais sans horaire, sans lieu, à fixer en fonction de l’agenda. Elle n’a pas envie de ce rendez vous, moi non plus, mais l’engueulade nous a poussée à nous le proposer. J’ai 9 chances sur 10 qu’elle annule. Je ne suis pas sure qu’on ai quelque chose à se dire.

